AGRO : nos conseils pour étudier et travailler dans ce secteur

Comment accéder aux carrières dans l'agro ? Quelles sont les voies empruntables et celles à éviter ? Faire un passage obligatoire par une classe prépa ? Alice, Leire et Julia, trois membres de l’association Du Pays Basque aux Grandes Ecoles, répondent à ces questions.

Bonjour à toutes les 3, et merci encore pour votre participation à cette interview, où nous allons essayer de clarifier certains points sur les carrières dans l’agronomie.

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Alice : Salut tout le monde. Je m’appelle Alice et je suis actuellement en dernière année d’école d’ingénieur agronome à Montpellier Supagro. Je me suis spécialisée en agroalimentaire et je vais clôturer mes études par un stage à l’Atelier du Chocolat de Bayonne en tant qu’assistante qualité. Ma mission portera sur l’optimisation de l’étiquetage pour être conforme à la réglementation en lien avec les fournisseurs et le service marketing.

Leire : Salut, je suis Leire, étudiante en quatrième année à l’école d’Ingénieurs de Purpan à Toulouse. J’étudie l’agronomie et l’agroalimentaire. J’ai effectué un stage en Nouvelle Zélande ainsi qu’un semestre d’études à Pampelune (Universidad Pública de Navarra).

Julia : Salut, je m’appelle Julia. Je suis diplômée depuis 2014 de l’école nationale supérieure d’agronomie de Rennes, Agrocampus Ouest. Actuellement je travaille à la Chambre d’agriculture de Troyes en tant que conseillère d’entreprise agricole. Pour résumer, j’accompagne les agriculteurs à certains moments de leur carrière : au début lors de leur installation dans une ferme ou lorsqu’il souhaite changer réaliser des changements importants (passer en bio par exemple).

Est-ce que vous pourriez nous décrire votre parcours, celui vous ayant amené à ces carrières dans l’agronomie?

Alice : Après avoir passé mon bac S en 2010 à Villa Pia (Bayonne), j’ai effectué 2 ans de prépa BCPST (Biologie Chimie Physique Science de la Terre pour le concours agro-véto) à Sainte Geneviève à Versailles. J’ai intégré Montpellier Supagro et pendant 1 an et demi j’ai suivi un parcours généraliste sur la pédologie, la géologie, la génétique des plantes, l’élevage, les sciences de l’aliment… J’ai choisi de partir en Erasmus en Irlande et de faire un an de césure où j’ai effectué 2 stages en agroalimentaire. Ces stages ont confirmé mon envie de travailler dans ce domaine et en dernière année j’ai choisi de me spécialiser en agroalimentaire.

Leire : Je veux vivre et travailler au Pays Basque. Après mon Bac S option bilingue basque à Navarre, j’ai intégré Purpan qui est une école post-bac. Mon objectif est de travailler en entreprise agroalimentaire à un poste de manager ou chef de production. Je suis aussi intéressée par la valorisation des produits fermiers.

Julia: J’ai passé mon bac S au lycée Cassin de Bayonne puis j’ai entamé une licence de biologie à Toulouse. Après deux années de fac, j’ai passé les concours d’agronomie et de vétérinaire et j’ai choisi d’aller à l’école d’agronomie de Rennes. Là-bas, j’ai suivi une première année assez généraliste comme Alice. J’ai ensuite effectué un Erasmus à Berlin, puis je me suis spécialisée en économie agricole. Pour finir mes études, j’ai fait un stage sur l’adaptation de la filière viticole au changement climatique. Après tous ces efforts, je me suis accordée une année sabbatique et à mon retour j’ai trouvé un poste en CDI.

Justement, parlons un peu carrière : existe-t-il un chemin plus sûr, plus traditionnel pour accéder aux métiers de l’agronomie ?

Alice : La plupart des ingénieurs agronomes font 2 ou 3 ans de classes prépa avant d’intégrer une école mais on se rend compte qu’on peut tout aussi bien passer par la fac ou l’IUT. Il y a moins de place mais le concours est plus facile et certains profils ne correspondent pas au système des classes prépa qui demandent un travail intense pendant 2 ans. Je conseillerai aux gens qui n’ont pas l’école qu’ils veulent après 2 ans de prépa de passer par l’IUT ou la fac au lieu de faire une troisième année de prépa.

Julia : Comme l’a expliqué Alice, je fais partie de ceux qui n’ont pas fait le parcours traditionnel des classes prépa type BCPST. Par contre, j’ai également eu le droit à un travail intensif pendant 2 ans, puis à des concours. Je ne pense pas qu’il y ait un parcours plus facile qu’un autre, il faut juste choisir celui qui te convient. Pour moi, la classe prépa BCPST c’est l’assurance d’entrer dans une école à la fin, mais le travail est très scolaire et intense. Le parcours fac est plus risqué, il n’y a aucun professeur pour t’aider lors des révisions sur concours et tu n’as pas forcément les cours adéquat. Enfin, le parcours via les BTS-DUT offre une belle alternative pour ceux qui veulent avoir une formation professionnalisante juste après le bac, sans pour autant se fermer les portes des grandes écoles.

Leire : C’est vrai que les cursus sont divers et à tous les niveaux, d’autant plus qu’il y a aussi la possibilité de passer par des écoles privées post-bac comme je l’ai fait… Le grand atout des formations en agronomie c’est leur pluridisciplininarité : élevage, production végétale, gestion d’entreprise, recherche…

Quelle est votre vision du secteur aujourd’hui ?

Alice : En France il y a des nombreuses entreprises agroalimentaires aux tailles très variées ça peut aller de la start-up de 4 personnes aux multinationales comme Danone ou Carrefour. Les enjeux et le fonctionnement de ces entreprises ne sont pas les mêmes mais il y a du travail dans les deux, il suffit juste de trouver quelle genre d’entreprises te correspond le mieux. La R&D est un secteur un peu bouché mais la demande en ingénieur agronome en production en usine ou en qualité ne manque pas. La RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises, c’est l’application des principes du développement durable en entreprise) se développe petit à petit et les métiers qui y correspondent sont très intéressants.

Leire : C’est un secteur très dynamique surtout dans le Sud-ouest .Les entreprises doivent innover en permanence et cherchent à faire de la qualité (nouveau produit, nouveau process, packaging…).L’agriculture doit relever de nombreux défis dans les années à venir : nourrir la population mondiale, agroécologie, production durable... Enfin, la France est reconnue pour la qualité de sa recherche dans le domaine agricole.

Julia: Pour moi ce qui est intéressant dans le milieu de l’agronomie c’est sa complexité : on touche aussi bien aux sciences (biologie, chimie, etc..) qu’à l’économie (les agriculteurs sont bien des chefs d’entreprise) ou encore à la politique avec la PAC (Politique Agricole Commune). Et tout cela, au niveau français, européen ou mondial car il est possible de faire carrière à l’étranger. C’est donc un secteur qui cache de nombreux métiers et pour le moment les ingénieurs agronomes s’insèrent facilement dans le milieu du travail.

Un petit mot de la fin pour donner envie !

Alice : Les études d’ingénieur agronome apportent vraiment une ouverture d’esprit, on est amené à se poser beaucoup de questions sur l’impact sur l’environnement, la société de notre futur métier. Beaucoup de mes camarades disent qu’ils veulent « sauver le monde » que ce soit grâce au développement de l’agriculture urbaine, à la mise en place d’atelier de production en Afrique…

Qu’on se spécialise en production végétale, en gestion de l’eau ou en agroalimentaire nous ne sommes pas forcément cantonnés à devoir rester dans ce domaine. De nombreux anciens ont effectué des métiers très variés pas forcément en lien avec leur spécialisation. Ce qui ressort surtout c’est que notre formation est très complète et nous apporte une vision globale très intéressante pour aborder les enjeux qui s’offrent à nous.

Leire : Les études d’agronomie permettent de travailler à des niveaux divers : s’installer comme agriculteur, travailler dans une coopérative, dans la grande distribution, la recherche, le conseil ou même la banque ! Une des forces majeures de ces études est de pouvoir se spécialiser ou de se reconvertir au cours de sa carrière.

Julia : Je pense avoir passé les meilleurs moments de ma vie en école d’agro. Comme l’a dit Alice, les cours apportent vraiment une ouverture sur le monde et un certain esprit critique sur notre société. Et puis la vie étudiante n’est pas mal non plus en école d’ingénieur…

Par la suite, une fois diplômée, on a la possibilité de faire des métiers très différents. L’école d’agronomie nous fournit des bases de connaissances et de méthodologie mais après, c’est à nous d’en faire ce que l’on veut. Il est donc possible de travailler dans des secteurs d’avenir, qui ont vraiment du sens et qui sont utiles… Par exemple, l’agriculture est l’une des principales causes du changement climatique et en travaillant pour améliorer l’agriculture en France, ou à l’étranger, on pourra réduire les émissions de gaz à effet de serre, tout en mangeant des produits plus sains… Et puis qui sait, peut-être que les ingénieurs agronomes vont vraiment sauver le monde !

MERCI A VOUS !

Des questions suite à la lecture de cet article ? N'hésitez pas à contacter l'association pour toute interrogation supplémentaire. Nos parrains sont là pour ça !

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